Qui tricotait
Qui portait bien son nom
Qui avait le duvet blanc tout doux
Qui était le plus beau
Le vrai Figaro
Qui jouait avec les mouchoirs et allait jusqu'à les chercher dans la poubelle
Qui était fou
Qui jouait avec les boules de son arbre à chat
Qui courait après la ficelle qu'on avait accrochée au vélo
Avec qui je m'amusait des heures, dans le jardin, à traquer les chiens
Qui miaulait quand on lui essuiait les pattes
Qui défendait son territoire
Qui se faisait respecter par les autres chats du quartier
Qui était certainement le meilleur ami du chat de ma tante
Qui, en été, se couchait à l'ombre, derrière son petit buisson ou sous le transat
Qui avait l'air fier
Qui mettait l'ambiance dans la maison
Qui me rendait gaga
Que j'appelait gros con ou folole
Qui protègeait sa soeur, Bagheera, et moi aussi d'ailleurs
Qui attaquait les chiens
Qui nous suivait en miaulant quand on allait promener derrière chez nous
Qui dormait au-dessus du congel ou sur mon lit
Qui était copain avec les vaches
Qui jouait avec la neige, et qui la mangeait
Qui s'introduisait chez ma tante
Que ma soeur a sauvé en urgence à 20 heures le soir d'Halloween
Que je devais protèger, et j'ai failli dans mon devoir
Qui avait la canine supérieure gauche un peu cassée au bout
Qui avait une petite tache noire sur la gensive supérieure
Qui avait les poils dans les oreilles, les moustaches et les cils blancs
Qui était très intelligent
Qui m'écoutait parler des heures
Qui me comprenait
Certainement le seul qui savait vraiment tout de moi
Que je trouvais parfois dans la baignoire
Qui n'avait pas peur de la salle de bain
Qui faisait ses griffes sur le tapis, et on l'engueulait à chaque fois
Qui montait sans arrêt sur le sèche-linge, même si on lui disait qu'il ne pouvait pas
Qu'on avait cru perdu une fois en été
Qui mordait le nez
Qui était pote avec le lapin
Que je voulais prendre avec moi une fois adulte
Que j'ai vu pour la dernière fois vendredi 11 avril à 17h30
Qui s'est fait percuter par une voiture le lendemain
Qui est allé mourir sur le petit chemin
Que le voisin et mon oncle ont trouvé, et ont enterré
Le chat que tout le monde amait
Que nous quatre, sa famille, aimions, amons et aimerons toujours
Qui va énormément nous manquer à tous, même à Bagheera
Qui, de là où il est, j'en suis sûre, sous surveille
Mon chat, qui me ressemblait beaucoup en fait
